Jeu d’échecs

Le jeu d’échec, une belle histoire…

Le jeu d’échec existe depuis la nuit des temps. Son origine est très controversée et nébuleuse. Son aura, par contre, n’a cessé d’augmenter au fil du temps. Ce jeu qui était à l’époque l’apanage de la royauté et des nobles s’est, à présent, démocratiser au point de s’introduire dans la plupart des maisons.

Les règles comme des personnages

Les règles du jeu tels que l’on peut les raconter à un enfant sont assez simples et évocatrices d’une certaine symbolique :

  • Les pions sont des éclaireurs, ils avancent d’un ou deux pas aux débuts de leurs pérégrinations et poursuivent leur chemin un pas à la fois. Quand ils ont la possibilité de prendre une pièce adverse, cela se fait toujours de biais, en avançant.
  • Les tours forment la structure du château mais également les frontières du royaume que l’on cherche à défendre. Elles ont l’avantage de se déplacer sur les cases de manière verticale ou horizontale et ce, autant de cases qu’elles souhaitent.
  • Les chevaux, par contre, sont des animaux nobles et s’autorisent des déplacements qui sont les seuls à mener sur l’échiquier : sauter aux dessus de ses propres pions ou de ceux du royaume adverse. Ils se déplacent en changeant une fois de direction, à gauche ou à droite en parcourant trois cases. En revanche, ils ne peuvent prendre une pièce adverse qu’à l’issue de leur déplacement. Les chevaux sont difficiles à dompter que ce soit pour son propre royaume ou pour celui de la partie adversaire.
  • Les fous du roi et de la reine commencent leur histoire à côté du couple royal. Ils se déplacent autant de cases qu’ils souhaitent mais en diagonal . Ici, la raison n’est plus de mise et les fous se déplacent de biais, prenant des chemins de traverses.
  • La Reine fait ce qu’elle veut et se déplace autant de cases qu’elle souhaite en diagonal, en vertical ou en horizontal. Elle a tous les privilèges alors que le Roi croule sous les responsabilités. Il bénéficie toutefois des mêmes privilèges que la Reine à condition d’avancer un pas à la fois ( ses responsabilités l’empêchent de voyager longtemps ).

Une fois le jeu conté de cette manière, il est certes plus aisé à tout un chacun d’entamer une belle histoire d’échecs. L’utiliser dans les rencontres thérapeutiques peut être révélateur des enjeux relationnels, de pouvoirs, des tensions internes ainsi que des complexes « rejoués» dans notre style, nos choix tactics et nos échanges avec l’adversaire.

Quand le thérapeute s’en mêle

Jouer aux échecs en séance a ceci de particulier qu’il implique tant le thérapeute que le patient. Une rencontre, dans un grand respect de la relation et du potentiel créatif de chacun. C’est de là que peut naître une certaine vitalité, une ouverture relationnelle indispensable au processus thérapeutique.

Il n’est pas nécessaire de bien savoir jouer aux échecs pour se livrer à de telles découvertes, l’essentiel réside dans le processus de jeu et les stratégies déployées par le patient. Les pièces de l’échiquier sont les témoins visibles de la manifestation du processus interne. Le souligner en tant que thérapeute permet au patient de le « voir » et d’expérimenter différentes stratégies. A lui de déterminer ses préférences et de les appliquer éventuellement tant dans son jeu que dans son quotidien ou encore dans ses relations avec son entourage, son travail….

L’infini des possibilités 

Pour l’anecdote, il n’est pas rare que la configuration des parties jouées offre aux patient de nouer des liens avec des mouvements psychiques présents à ce moment de sa vie ou encore avec des événements de vie vécus récemment. Cet air de jeu de 64 cases ( symbole de l’infini) est une aire de projection qui laisse place non seulement à toutes les éventualités mais aussi à tous les phantasmes.

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